Bibliothèques bleues

Culture Expositions - Rétrospectives Audiovisuel - photographie - numérique Histoire et sciences humaines Exposition temporaire

Du 15 février au 7 mai

Centre de Conservation et de Ressources du Mucem
« ABC de Polichinel », monographie imprimée de Pellerin & Cie à Epinal, fin du XIXe siècle. Mucem, O1R 634 © Mucem / Marianne Kuhn.

Bibliothèques bleues

Centre de Conservation et de Ressources du Mucem
Quand ?
Du 15 févr. 2021 au 7 mai 2021
  • Lundi - 14h00-17h00
  • Mardi - 14h00-17h00
  • Mercredi - 14h00-17h00
  • Jeudi - 14h00-17h00
  • Vendredi - 14h00-17h00


En accès libre du lundi au vendredi de 14h à 17h et sur rendez-vous de 9h à 12h30.
Merci de vous munir d'une pièce d'identité lors de votre visite au CCR.

Combien ?
Où ?
Centre de Conservation et de Ressources du Mucem

Les premiers livres édités pour les enfants apparaissent en France au XVIIIe siècle. Avant ces éditions, d’autres petits livrets sont déjà largement répandus dans toute la société française : la Bibliothèque bleue.

Ces petits livres sont imprimés à Troyes dès le XVIIe siècle, puis à Rouen, Caen, Lille et d’autres villes de France et d’Europe. Les livrets bleus – d’après la couverture, très simple, en papier coloré – étaient vendus partout, à petit prix : à Paris et en ville, en librairie, mais aussi dans les villages, par des colporteurs.

Du XVIIe au XIXe siècle, des milliers de textes pratiques, didactiques, religieux (recettes, remèdes, calendriers, almanachs, oraisons, catéchismes), mais aussi des romans, légendes, contes, chansons, histoires comiques, dialogues et petites pièces sont imprimés en bibliothèque bleue et diffusés par colportage. La lecture et l’écoute (lors de lectures à voix haute par un conteur) de ces livrets et des planches d’imagerie était très courante pour tous les Français, y compris pour les illettrés.

Et les enfants ? La plupart d’entre eux écoutaient ces histoires à la veillée et lisaient les livrets de bibliothèque bleue. Ils apprenaient parfois à lire grâce à ces romans, contes et légendes plutôt que dans les livrets scolaires. Certains titres étaient spécialement édités à leur intention : des manuels d’instruction comme les abrégés de catéchisme, les abécédaires et les livrets de civilité…

A côté des livrets, les planches d’images étaient aussi présentes dans l’environnement quotidien des enfants. Une grande gravure, souvent coloriée à la main ou au pochoir, entre deux colonnes de texte, racontait une histoire : la vie d’une sainte héroïne, comme Geneviève de Brabant, ou un conte, comme Barbe bleue. Quand l’imprimeur Pellerin à Epinal adopte la lithographie au XIXe siècle, des planches d’images sont éditées spécialement pour les jeunes lecteurs, ce sont les ancêtres de la bande dessinée.

L’instruction primaire est désormais devenue obligatoire, l’alphabétisation progresse et la technologie permet d’imprimer des livrets illustrés qui ne coûtent pas cher : les impressions populaires se transforment et se renouvellent. Des almanachs pour enfants sont imprimés, les contes sont illustrés en couleurs, des romans plus récents sont adaptés pour les enfants (comme Robinson Crusoé), les planches illustrées peuvent devenir des jouets en papier.

Cette exposition présente une petite partie du très riche fonds d’  » impressions populaires  » du Mucem (une centaine de pièces sur les 5000 que contient le fonds), et donne un aperçu des lectures des enfants des siècles passés. On y découvrira des histoires aujourd’hui oubliées qui étaient autrefois connues par l’ensemble de la population. On retrouvera aussi des contes très anciens, lus et appréciés encore aujourd’hui par les enfants de France, d’Europe et du monde entier…

Publié par : Ville de Marseille