Gangsta Gangsta rap, crime, et show-business aux Etats-Unis…11 septembre, la musique face à la terreur

La maison hantée
Quand ?
Le 1 Nov 2019
  • 01/11/2019 - 19h30

Combien ?
Gratuit
Où ?
La maison hantée

Gangsta Gangsta, rap, crime, et show-business aux Etats-Unis, avec Pierre Evil, journaliste musical.

Le 26 août 2017, le rappeur Tay-K, 17 ans, faisait son entrée à la 70e place du classement des chansons les plus populaires des Etats-Unis avec son premier single, The Race ( » La cavale « ). Il s’était fait arrêter deux mois plus tôt, le 30 juin 2017, alors qu’il était en cavale et recherché pour meurtre. Deux heures après son arrestation, le clip de The Race était mis en ligne sur Youtube. Entièrement tourné alors que le rappeur était en fuite, sa première image montrait une affiche  » WANTED  » illustrée de son visage.

The Race a été certifié le 12 janvier 2018 disque de platine (1 million d’exemplaires vendus). Tay-K a été condamné le 23 juillet 2019 à 55 ans de prison. The Race faisait partie des preuves présentées contre lui par le Parquet. Long de deux minutes à peine, ce morceau semble ainsi résumer toutes les contradictions du Rap américains : la violence réelle et sa représentation, le succès de scandale et la punition finale, la créativité et la négativité d’une jeunesse perdue. De fait, depuis l’apparition du Gangsta Rap, popularisé à la fin des années 1980 par le groupe californien NWA, le rap américain semble inextricablement lié avec le crime : ses plus grands succès parlent de meurtres, de drogue ou de prostitution (comme It’s Hard Out There For A Pimp, des Three 6 Mafia, premier groupe de rap à remporter l’Oscar de la meilleure chanson originale, en 2006)..

11 septembre, la musique face à la terreur, avec Jean-Marie Pottier, journaliste indépendant et essayiste.

Telle sera notre réponse à la violence : jouer de la musique avec encore plus d’intensité, plus de beauté et plus de dévouement qu’auparavant », déclara le compositeur et chef d’orchestre américain Leonard Bernstein en novembre 1963, quelques jours après l’assassinat de John F. Kennedy à Dallas. Ces dernières années, le monde de la musique, de l’attentat du Bataclan en novembre 2015 à celui de la Manchester Arena en 2017, en passant par la fusillade du Route 91 Harvest Festival de Las Vegas, a lui-même à plusieurs reprises été l’objet d’attaques meurtrières.
A chaque fois, la musique s’est relevée, a ressurgi pour accompagner le temps du deuil et des questionnements, tant elle constitue une réponse essentielle à la violence et la terreur. Pas seulement, même si cela peut être le cas, une réponse au sens d’une réaction tripale ou d’une recherche, parfois simpliste, des causes une réponse au sens de l’intégration d’un événement exceptionnel et brutal à un récit, tout aussi bien intime ou national qu’universel. Récit qui nous accompagne, individuellement et collectivement, tout au long des étapes du deuil.

Publié par : OT Marseille

Dans le cadre de

Semaine de la Pop Philosophie

La Criée - Théâtre National de Marseille