Pourquoi la folie ? Vers des nouvelles histoires des Africains, du racisme, de la souffrance et de la « vivacité »

Culture Conférences - Débats Sciences humaines et sociales Conférence / Débat / Rencontre

Jeudi 26 janvier 2023 de 16h à 18h.

IMéRA Institut d'études avancées d'Aix-Marseille
IMERA Institut d'Etudes Avancées

Pourquoi la folie ? Vers des nouvelles histoires des Africains, du racisme, de la souffrance et de la « vivacité »

IMéRA Institut d'études avancées d'Aix-Marseille
Quand ?
Le 26 Jan 2023

Jeudi 26 janvier 2023 de 16h à 18h.

Combien ?
Gratuit
Où ?
IMéRA Institut d'études avancées d'Aix-Marseille
  • Adresse : 2 Place Leverrier - 13004 Marseille
  • Y aller

 Grande conférence de Nancy Rose Hunt, titulaire de la chaire AUF Iméra

 » Le jeudi 26 janvier, je parlerai du vaste thème de la folie – non pas de la maladie mentale – mais de la folie dans les histoires de la race, de l’Afrique et des Africains. Mes concepts, utilisés pour présenter plusieurs nouvelles histoires africaines de la folie (Psychiatric Contours, à paraître, 2023), seront présentés. Les enjeux psychiatriques de A nervous states (Hunt 2016) seront également discutés. 

De tels concepts et enjeux se retrouvent dans la manière dont j’enseigne l’histoire de la race et de la folie en Amérique du Nord, dans le panorama du 16ème siècle et à l’aide de nombreuses sources d’archives dépouillées  et exploitées par les étudiants. Frantz Fanon est là parmi d’autres figures, ouvrant des angles intimes et insurrectionnels sur une longue durée suggérant l’émergence des catégories propres à la psychiatrie, au travail et aux soins.  Que je demande aux étudiants de sélectionner des sources pourrait surprendre.

Pourtant, la signification historique a toujours des dimensions individuelles, et je ne veux pas dicter comment le dérangement, le traumatisme et l’assujettissement peuvent résonner de manière subjective. Dans l’Afrique contemporaine et néolibérale, de nouvelles formes de psycho-humanitarisme sont apparues, à côté de la guerre, du viol et du génocide. Les logiques de la santé mentale globale ont tendance à passer à côté des formes vernaculaires et subjectives de la folie.

Les personnes qui errent délurées dans les rues des villes africaines – « les fous » – représentent et permettent la « vivacité ». Et la vivacité, un mot foucaldien, fait partie de mon approche ethnographique, une approche qui tient compte de la psychiatrie tout en la tenant éloignée et mineure, afin que les lignes quotidiennes de pensée, d’action et de dérision – parfois avec des rêveries et afterlives – ne soient pas étouffées ou perdues « . Nancy Rose Hunt.

Publié par : Ville de Marseille