Psychodémie

Culture Expositions - Rétrospectives Photographie Exposition

Du 10/12/2021 au 26/03/2022 sauf le 25 décembre.
Fermé samedi et dimanche.
En accès libre du lundi au vendredi de 14h à 17h et sur rendez-vous de 9h à 12h30.

Mucem, Centre de conservation et de ressources
Mars 2020, gare du Nord, Paris. Appareil thermique numérique. Personne sans abri dans la rue © Antoine d'Agata - Psychodémie - Mucem

Psychodémie

Mucem, Centre de conservation et de ressources
Quand ?
Du 10 Déc 2021 au 26 Mar 2022

Du 10/12/2021 au 26/03/2022 sauf le 25 décembre.

Fermé samedi et dimanche.

En accès libre du lundi au vendredi de 14h à 17h et sur rendez-vous de 9h à 12h30.

Combien ?
Gratuit
Où ?
Mucem, Centre de conservation et de ressources
  • Adresse : Belle de Mai - 1, rue Clovis Hugues - 13003 Marseille
  • Voir la carte

L’exposition « Psychodémie » est une réflexion sur les effets de la pandémie de Covid-19 et du « premier confinement » sur nos corps, nos imaginaires et nos sociétés. Au-delà de la dimension inédite de cette crise sanitaire et sociale, l’exposition cherche à comprendre et à définir ce que cet isolement forcé a déclenché en nous, posant le terme, ouvert, de psychodémie.

Pour ce projet, le Mucem a invité l’artiste Antoine d’Agata à proposer une lecture personnelle de la collecte « Vivre au temps du confinement » lancée par le Mucem au printemps 2020, et qui a réuni plus de 600 témoignages autour de cette expérience à la fois intime et collective : un récit polyphonique de l’ordinaire dans l’extraordinaire, et des adaptations quotidiennes, parfois souriantes, parfois désespérées, à cette situation.

L’exposition confronte cette collecte aux 13 000 photographies qu’Antoine d’Agata a réalisées pendant cette même période, opposant au confinement une errance obstinée ; recherchant sans relâche, dès les prémices de la pandémie, les signes visibles et invisibles de cette crise, dans les rues désertées et contrôlées, dans les centres hospitaliers où on cherchait à comprendre le virus, dans les centres d’urgence où on dépistait et soignait les malades, dans les centres d’hébergement où on prenait en charge les plus démunis.

En confrontant ces deux journaux, l’exposition propose une chronique dédoublée des 55 jours du « premier confinement » en France. Elle met en tension deux réalités parallèles qui ont coexisté durant cette période : la vie du dedans et celle du dehors ; l’immobilité des personnes et la circulation du virus ; l’intimité des témoignages des donateurs et l’anonymat des vies réduites à leur plus simple expression physiologique et politique ; le rétrécissement des vies confinées et la démesure d’un monde débordé de toutes parts.

Cette exposition est aussi une trace de l’entrée des objets de la collecte « Vivre au temps du confinement » dans les collections du Mucem, où ils seront protégés contre toute détérioration au prix de ce qui peut se comparer à une forme de « confinement » dans les réserves. Leur contact avec l’extérieur, leur manipulation, leurs sorties seront contrôlées. L’exposition suggère ainsi les échos symboliques que l’on peut trouver entre protection sanitaire, protection sociale et conservation préventive dans le monde muséal : ce sont les mêmes gestes de soin et d’attention, les mêmes outils, les mêmes méthodes. Mais ce parallèle invite à une vision complexe et critique : la protection peut passer par des formes de mise à distance, de surveillance, de méfiance, de normalisation. Et elle reste dérisoire face à ce qui ne peut être guéri, ni sur le plan physique ni sur le plan éthique : ce qui ne peut être réparé, ce qui résiste et qu’Antoine d’Agata appelle la « Vie nue » en référence au philosophe Giorgio Agamben : la fragilité banale et terrible de chacun face à la mort, et l’invisibilité des plus précaires face à la relégation sociale.

Le parcours de l’exposition se construit comme une tragédie en cinq actes, qui rappelle le caractère immémorial et total des crises épidémiques. Chaque étape du parcours construit un dialogue entre images photographiques, objets issus de la collecte et paroles, en alternant leurs rôles respectifs.

Antoine d’Agata, photographe et cinéaste français, lauréat du prix Nièpce en 2001 est membre de l’agence Magnum Photos depuis 2004. Il explore les formes de violence sociale comme des formes extrêmes de la vie même – la marginalité, la « rue », les populations fragilisées ou stigmatisées – non comme des sujets à traiter mais comme une expérience intérieure personnelle à traverser, à partir de laquelle s’invente le langage artistique qui permettra de les capter dans leur dimension humaine et universelle.

Cette exposition s’inscrit dans le cadre du projet européen « Taking Care », destiné à travailler sur le rôle et les formes d’engagement des musées face aux crises sociales et environnementales en envisageant ces institutions comme des « espaces de soin » .
Commissariat : Aude Fanlo (Mucem)

Publié par : Ville de Marseille