Elisabeth Carecchio.

Un amour impossible

Théâtre Le Merlan - Scène Nationale
Quand ?
Du 28 févr. 2019 au 1 mars 2019
  • Jeudi - 20h30
  • Vendredi - 20h30

Combien ?
Tarifs - Entrée
  • A partir de 3,00 €
  • Prix Min : 3,00 € / Prix Max : 15,00 €

Détails des tarifs disponibles sur www.merlan.org

Où ?
Théâtre Le Merlan - Scène Nationale

Célie Pauthe offre une adaptation théâtrale soignée du livre autofictionnel de Christine Angot : Un amour impossible.

Sur le plateau, dans un décor réaliste, deux comédiennes d’exception – Bulle Ogier et Maria de Medeiros – interprètent une relation douloureuse entre mère et fille. L’une reproche à l’autre de l’avoir abandonnée alors que son père la violait. L’autre, honteuse d’avoir fermé les yeux face à l’homme qu’elle a follement aimé, est rongée par la culpabilité.

Elles tentent alors, en évoquant leurs souvenirs, de comprendre cette tragédie et de briser les ressentiments, pour reconstruire le socle d’un amour maternel conspué.

Un drame intense qui décortique la culpabilité de chacun à travers le prisme du social et de l’intime.

EXTRAIT D’ENTRETIEN AVEC CELIE PAUTHE :

 » Plutôt que d’adapter la totalité du roman, mon premier désir était de prélever les trente dernières pages, qui sont, d’une certaine manière, déjà du théâtre. Christine Angot était d’accord pour que ces trente dernières pages constituent le coeur du projet, mais elle craignait qu’en y entrant directement, on ait du mal à apprécier et à mesurer le caractère presque inespéré de ces retrouvailles. Nous avons donc évoqué ensemble plusieurs pistes possibles pour rendre compte de l’évolution de leur relation au cours du temps, qui dans le roman commence à la toute petite enfance. Christine m’a alors fait une proposition surprenante : écrire des scènes dialoguées, qui mettent en scène leur relation aux différents âges : enfance, adolescence et âge adulte. Cette idée m’a séduite par le défi qu’elle contient : le théâtre est le seul médium qui permette de telles incursions dans le temps. Quand Christine m’a fait cette proposition, je lui ai demandé que la pièce permette un effet de flashback, s’ouvre sur une séquence de leur vie proche des âges qu’ont Bulle Ogier et Maria de Medeiros aujourd’hui, afin que les spectateurs puissent vivre le glissement vers l’enfance, assistent en direct à ces retours en arrière.
[…]
C’est un vrai défi qui nous sort du réalisme, qui oblige à penser l’ensemble du projet du point de vue de la mémoire, à comprendre pourquoi ces femmes vont faire ce voyage. Concrètement, on part de l’idée d’une journée continue, une unité de lieu et de temps, c’est-à-dire que vraisemblablement elles ne sortiront pas de scène, de même qu’elles ne changeront pas de costume. On travaille en temps réel, comme si on était avec elles au présent d’une sorte de jeu, un jeu dont elles partagent les règles et qui consiste à enquêter pour reconstituer certaines pièces de leur propre roman familial. Quand le projet a bougé et est parti vers cette jeunesse, Maria de Meideros et Bulle Ogier l’ont accueilli avec joie. J’ai été très marquée par la réaction spontanée de Maria, me disant  » Mais c’est formidable, tous ces âges on les a en nous, et seul le théâtre peut nous permettre de puiser dans cette richesse là ! « . L’épreuve de la scène, c’est justement de jouer de cet accordéon des mémoires affectives, déposées dans le corps. Je voudrais que le travail théâtral rende compte du fait que le personnage principal de toute cette histoire, c’est la relation entre ces deux femmes, comment elle a évolué, s’est cherchée, s’est perdue, s’est transformée. C’est elle, la relation, le sujet principal. C’est l’enjeu de notre travail. « 

Entretien avec Célie Pauthe – Du  » je  » au  » nous  » réalisé par Laëtitia Dumont-Lewy

Publié par : Ville de Marseille