La Madrasa d’été : lectures feuilletons

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Septembre : Les poètes de la Méditerranée – Hommage à Yannis Ritsos

Cet été au Mucem, on ouvre le Livre de Kalila et Dimna, on lit les poètes de la Méditerranée, on donne de la voix et on danse, c’est La Madrasa d’été !

Dans la langue arabe, le terme madrasa désigne une école, qu’elle soit laïque ou religieuse, quelle que soit sa confession.

Notre Madrasa est un espace de pratiques artistiques dans l’usage de la fable, du poème, du chant et de la danse. Notre inspiration se veut tournée vers les cultures du sud et de l’est du bassin méditerranéen ; c’est cette géographie littéraire et imaginaire que le titre souligne.

Ce week-end, les participants de l’atelier La Madrasa d’été donnent de la voix, pour convoquer Les Poètes de la Méditerranée.

Les Poètes de la Méditerranée : Philoctète et La Maison morte

Après notre pérégrination du mois de juin autour de la Méditerranée à la rencontre des poètes d’aujourd’hui, nous avons voulu clore ce cycle d’ateliers et de lectures publiques par un hommage au poète grec Yannis Ritsos. À travers ce choix de deux longs poèmes, Philoctète (1965) et La maison morte (1962), nous souhaitons rendre hommage à un homme qui, malgré toutes les épreuves traversées, n’a jamais cessé d’écrire.

« La guerre, la résistance, la prison, la déportation ne purent venir à bout de ce poète lucide. Pour cette raison et parce qu’il fut peut-être le plus engagé des écrivains de sa génération, Yannis Ritsos tient, dans les lettres grecques, une place à part. Le courage du poète a, toute sa vie, rejoint le courage de l’homme. Plus de trente ans de poésie, plus de trente ans de recherches, d’hymnes, de témoignages, de chroniques, de chants, de dialogues, de cris qui ont accompagné, qui ont cerné de près la vie et l’histoire de la Grèce contemporaine. Ritsos est le poète de la mémoire, mémoire des luttes encore vivantes, mémoire aussi d’un passé plus lointain, presque antique, mais que le verbe du poète sait rendre contemporain. » Jacques Lacarrière

Philoctète, longue méditation sur les prestiges illusoires de la guerre, reprend l’histoire du héros condamné à la réclusion sur une île déserte. Ritsos fait sien le destin du héros de Sophocle avec lequel il partagea les épreuves de l’exil ; lui qui connut, après l’emprisonnement, quatre années de déportation sur les îles de Makronissos et d’Aï Stratis.

La Maison morte, monologue d’une vieille fille dans sa maison solitaire d’Argos, reprend l’histoire des Atrides, revécue par l’imagination enfiévrée de l’héroïne. On y devine le souvenir de la maison natale du poète à Monemvasia dans le sud du Péloponnèse, dont la nostalgie autant que les images persistantes d’une enfance difficile, hante l’œuvre.

Un cri d’homme, une odeur de femme, une tenture déployée dans le vent, un arbre que l’on abat dans la forêt voisine rendent, à travers l’épaisseur du temps, les hommes complices des mêmes labeurs, des mêmes rêves, des mêmes désillusions comme si aujourd’hui encore cet arbre continuait de s’abattre, cette odeur de remplir les couloirs d’une vieille maison, et ces hommes, malgré leurs allures antiques, de partir pour un combat présent.

Une proposition de Grégoire Ingold avec la collaboration de Séréna Tallarico et Shadi Fathi.

Lectures publiques les samedis 10 et 17 septembre à 17h30, cour de la Commande (fort Saint-Jean).
Ateliers du 6 au 10 septembre et du 13 au 17 septembre de 10h à 18h.

Les historiennes

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Mise en scène et interprétation Jeanne Balibar
Trois figures marquantes de la lutte des femmes pour la liberté.

Dans cette lecture performée et fébrile, Jeanne Balibar, fait entendre trois voix d’historiennes contemporaines et retrace la vie de l’esclave Páscoa face à l’Inquisition, de la parricide Violette Nozière, de l’actrice féministe Delphine Seyrig.

Trois destins uniques, trois femmes inscrites profondément dans l’histoire de leur temps : l’esclave portugaise Páscoa traînée en l’an 1700 devant les tribunaux de l’Inquisition pour crime de bigamie, puis la meurtrière parricide Violette Nozière, victime d’inceste, condamnée à mort en 1934 et réhabilitée en 1963, enfin l’incomparable actrice Delphine Seyrig, militante engagée dans les combats féministes des années 70. Jeanne Balibar, s’empare des écritures singulières des trois historiennes-auteures, trois parcours emblématiques et captivants qui disent le combat pour la liberté des femmes. Avec virtuosité, elle nous invite à un voyage dans le temps, mélange étonnant et accompli de réflexions vivifiantes et de sentiments ardents.

En coréalisation avec Actoral, Festival international des Arts et des Écritures contemporaines

Assistante Andrea Mogilewsky Texte Charlotte de Castelnau-L’Estoile, Anne-Emmanuelle Demartini, Emmanuelle Loyer

Annie Zadek – Antoine Dufeu – Mercredis de Montévidéo

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• Annie Zadek – Contemporaine. Un film parlé

Comment parle Contemporaine. Un film parlé ?
Comment mettre en scène le « Je est un autre » rimbaldien, le « Je est (aussi) un(e) autre » ? Comment représenter les liens apparemment erratiques du langage et de la pensée ? J’ai tenté d’instaurer un authentique dialogue entre la voix off de la bande-son, la voix in de l’auteure lisant son texte sur scène et les images silencieuses projetées sur l’écran (photos, textes, vidéos…), ces dernières apparaissant, à mesure que la « pièce » avance, comme des projections mentales à la limite du subliminal. Contemporaine. Un film parlé sera ainsi le lieu d’expérimentation d’un couplage texte/images/voix qui ressortirait tant à l’exposé d’un conférencier s’accompagnant d’un diaporama, qu’à la traduction simultanée, au roman-photo, au sur-titrage théâtral et au sous-titrage cinématographique.

De quoi parle Contemporaine. Un film parlé ? Et d’où ?
D’environ 40 minutes, la performance parle (à partir) de ces lieux Janus, ces lieux où l’horreur et la beauté se sont côtoyées dans le même espace-temps; ces lieux qui, aujourd’hui encore, sont comme irradiés par un traumatisme majeur survenu dans notre passé et dont notre Europe est couverte. Traversés par les figures de divers créateurs, ces lieux sont questionnés ici pour ce qu’ils nous disent sur la possibilité de la transmission, de la rémission, et peut-être même surtout de l’art, dans notre temporalité de l’Après-Auschwitz.

Adapté de mon dernier livre, Contemporaine. Un film parlé a été réalisé dans le cadre de mon invitation comme artiste professeure au Studio national des arts contemporains du Fresnoy en 2018-2019.
Annie Zadek, avril 2022

Avec le soutien du Centre National du Livre, Montévidéo accueille Annie Zadek en résidence d’écriture au Couvent de La cômerie du 1er mars au 15 juin.

• Antoine Dufeu – Nous abstraire

Antoine Dufeu est en résidence à au couvent de La cômerie pour finaliser l’écriture d’un texte dont le nom de code est « Livre P ». L’auteur a été invité à écrire un livre autobiographique autour de l’automobile. Le « Livre P » est un roman qui s’intéresse à l’actualité de l’automobile à partir d’expériences personnelles ou fictionnelles que son auteur tente de comprendre le monde par le prisme de cet objet.
L’auteur remercie le Château de Montsoreau – Musée d’art contemporain de son soutien.
Pour les Mercredis de Montévidéo, il effectuera une lecture de Nous abstraire et quelques extraits surprises.

Antoine Dufeu est poète et écrivain. Il a publié une vingtaine de livre dont Abonder (Nous, 2010), AGO (Le Quartanier, 2012), Blancs (Cneai, 2014), Sic (al dante, 2015), Chroniques Bretton-woodsiennes (Mix., 2016), Sofia-Abeba (MF, 2020). Aventures est à paraître en 2023. Il finalise actuellement Blanchiment, nouveau livre de l’ensemble « La diagonale du vide », ainsi que le « Livre V », poème qui porte sur la comptabilité, la monnaie et l’économie et traduit The Geographical History of America de Gertrude Stein.